Olivennes, un nouvel observateur

Publié le par Poujal

C’est au mois de mai prochain que Denis Olivennes deviendra président du directoire du «Nouvel Observateur». L’ex PDG de la Fnac sera en charge d’une structure à directoire et conseil de surveillance. Un nouveau mode de gouvernance qui repose sur une séparation des fonctions de gestion et de contrôle.


On connaissait le Denis Olivennes secrétaire général d’Air France puis PDG du service Numéricable. Passé ensuite directeur général de Canal+France puis PDG de la Fnac, Denis Olivennes sera aussi le directeur de la publication du magazine. Son premier poste dans la presse a suscité beaucoup de commentaires. Officiellement homme de gauche, officieusement à droite de la gauche, Denis Olivennes prendra en charge une structure où le multimédia tiendra selon lui une place prépondérante.


Un choix surprenant que défendent les deux fondateurs du «Nouvel Observateur», Jean Daniel et Claude Pedriel.  «Il est unique (…) Il se tient entièrement sur la ligne intellectuelle et politique que Jean Daniel et moi avons défendue depuis toujours : à la fois social-démocrate, respectant l'économie de marché, mais à gauche. (…) Il a fait preuve, par sa réussite à la Fnac, d'un talent de chef d'entreprise dont la presse a bien besoin»,  expliquait Pedriel dans «Le Monde» pour justifier son choix.


Approuvée par la majorité des salariés du «Nouvel Observateur», cette décision fut surtout discutée en raison de l’aide apportée par Olivennes à  Nicolas Sarkozy. Le président de la République a chargé Denis Olivennes de produire un rapport sur le téléchargement illégal en France. Remis et entériné par le président le 23 novembre 2007, ce rapport préconise un dispositif de riposte graduée prévoyant la suspension de l'accès à Internet de l'abonné en cas de téléchargements illégaux répétés.


La « mission Olivennes » fut critiquée par de nombreuses personnalités de gauche. Et même par le «Nouvel Observateur» lui-même. L’hebdomadaire préconisait en 2005 la mise en place d’une licence légale de téléchargement à laquelle Olivennes est fermement opposé. Denis Olivennes a néanmoins promis « l’indépendance absolue du magazine vis-à-vis du pouvoir».


 

Co-écrit avec Antoine Gautreau


Publié dans Medias

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