Le vote électoral ne doit pas passer à l'électronique

Publié le par Poujal

Après les élections régionales puis municipales, place aux élections prud'hommales. Du 19 au 26 novembre 2008, les électeurs qui souhaitaient voter par Internet pour leurs futurs conseillers prud’hommes ont eu la possibilité de se connecter sur le site du ministère. Les personnes inscrites sur les listes électorales à Paris étaient les seuls à pouvoir participer à ce vote électronique. Une élection tronquée et ridiculisée par de multiples bugs informatiques. Le geek semble mécontent.

 

La CGT bannie de Mozilla. Premier problème rencontré par ce nouveau service : les navigateurs Internet. Les gentils informaticiens si rigoureux dans leur travail ont quelque peu oublié que plusieurs navigateurs web se tiraient la bourre. Les utilisateurs de Mozilla Firefox, ils sont environ 30%, n'ont pas eu le choix pour toutes les organisations syndicales au cours de leurs votes.  Les internautes équipés d'une ancienne version de Firefox (antérieure à la version 3, soit 10 % des internautes français) ne pouvaient simplement pas choisir la CGT sur l'écran de vote. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, parle "d'une grave discrimination à l'égard de ses listes".

 

Comment cette erreur a-t-elle pu arrivée ? Le ministère du travail cher à Xavier Bertrand a confié l'organisation technique de ce vote électronique à « un prestataire de renom » : l’entreprise Thalès. Ce problème décrédibilise la société mais aussi ce renouvellement d'une traditionnelle élection. Quelques jours après avoir tiré sur l’ambulance socialiste, l’accusant de tricherie puérile pour l’élection du premier secrétaire, la droite et Xavier Bertrand sombrent dans le pathétique. Comment peut-on faire confiance dans le numérique alors qu'un grand ministère n'est pas capable de gérer un vote web ? Tristan Nitot, président de Mozilla Europe, éditeur du navigateur Firefox, est consterné. "J'ai eu au téléphone le chef de projet de Thalès (...) et j'attends de ses nouvelles pour préciser l'origine du problème", explique-t-il sur son blog.

 

A Thalès, le théorème est « Sauve qui peut ». Mais Tristan Nitot sera peut être ravi d'apprendre que les informaticiens de Thalès ont perdu un fichier informatique relativement important : celui des listes d'émargement. Il est donc impossible maintenant de savoir quelles sont les personnes qui ont voté par Internet. 1,3 millions d'électeurs sont inscrits sur les listes de Paris et selon Xavier Bertrand "78.000 électeurs ont participé au vote Internet". Oui mais qui ? Ah la magie d'Internet et sa simplicité d’utilisation... Ce deuxième bug pourrait donc sceller le sort du scrutin.

 

Cette expérimentation du vote électronique s'avère être un échec. Thalès est en grande partie responsable de ce fiasco. Le ministère du travail porte le poids de tous ces bugs. Comment faire confiance à des conseillers prud'hommes quand les conseillers de Xavier Bertrand ne parlent que «d'un dysfonctionnement dans l'impression des listes d'émargement » ? Rien ne vaut l’odeur des isoloirs et l’authentification d’un bulletin. L'urne et l'ambiance des bureaux de vote valent bien quelques clics monotones.

 

 

 

 

Publié dans Actualités

Commenter cet article

Matif 30/11/2008 22:54

Signer la pétition nationale pour le maintien du vote papier (déjà plus de cent mille signatures), c'est important !
http://www.ordinateurs-de-vote.org/petition/