Rachida Dati : chronique d'un retour précoce

Publié le par Poujal

Cinq jours seulement après son accouchement, la garde des Sceaux Rachida Dati a décidé de reprendre son travail de ministre. Alors que la loi prévoit des aménagements de temps de travail pour les femmes enceintes, la ministre de la justice n'a pas ménagé ses efforts pendant sa grossesse si médiatique. Les traditionnelles seize semaines de congés minimum se sont finalement transformées en cinq jours de repos maximum.

On peut aimer ou détester Rachida Dati. Mais on ne peut nier sa force de travail. Ses décisions contestées, sa gestion trop personnelle des principaux dossiers, son goût pour le luxe en font une cible parfaite pour les médias français. L'opposition, à l'accoutumée si silencieuse, ne se fait pas prier pour critiquer la réforme judiciaire ainsi que d'autres décisions de la garde des sceaux. Mais ces derniers jours, Rachida Dati a été soutenu publiquement et par ses collègues de gouvernement, et par Ségolène Royal. D'autres se sont déclarés stupéfait par la reprise si précoce de la ministre.

Royal dénonce le harcèlement moral de Sarkozy

"Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas laissé à sa ministre le soin d'annoncer la suppression des juges d'instruction? Où était l'urgence? Le faire ainsi, à sa place, relève de la provocation. C'est une façon de la gommer de l'espace politique" déclare Ségolène Royal au JDD du 11 janvier dernier. Première femme à avoir accouché en tant que femme de gouvernement, la présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas mesuré ses mots : "Au lieu de la rassurer et de la sécuriser, il la bouscule psychologiquement et la contraint à un choix cornélien. Au regard du code du travail, cela s'appelle du harcèlement moral", n'hésite-t-elle pas à affirmer. Rachida Dati étant présente lors de la rentrée solennelle de la cours de cassation.

Comment peut-on être en mesure d'effectuer convenablement son travail, cinq jours seulement après avoir accouchée? Sur ce plan, Ségolène Royal n'a pas tout à fait tort. Même dans le gouvernement de droite, les voix s'emportent. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la politique de la Ville s'est dite  "un peu" choquée par la reprise rapide du travail de Rachida Dati. Mais la garde des sceaux est comme cela : Travailler plus, pour plus de scandales.


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Poujal 22/01/2009 22:02

Quel débat mes aïeux !
Tout est bien qui finit bien. En tout cas vous avez des convictions, vous les défendez, vous reconnaissez vos excès. Merci à vous 2 d'avoir débattu sur cet article

Ink 22/01/2009 21:46

Excuses acceptées, Eb ;-)
Moi aussi , je suis souvent un peu trop passionnée (et c'est sans doute pour ça que j'ai moi aussi réagi à l'annonce de la reprise de R. Dati), alors je comprends!

eb 22/01/2009 21:34

Ouh la! alors première chose je te prie de m'excuser si je t'ai paru incisive, ça n'était pas mon intention, et encore moins à ton égard. Je suis plutôt acerbe dans mes mots et je ne m'en rend pas compte. Je te présente mes excuses, ainsi qu'à Poujal. Je suis pour le dialogue aussi, bien que le mien soit souvent passionné.
Pour ce qui est de réfléchir, ma réflexion ne t'était pas dirigée, ni à Poujal, c'est une réflexion générale sur la façon dont les médias abordent l'information et lui donnent souvent des proportions 'disproportionnées'.
Ce que je voulais dire par critique facile, c'est que les médias se seraient certainement emparés de la nouvelle si elle avait été inverse, pour en faire tout autant la critique. Le problème est souvent à la non réflexion. Ce qu'il se passe ici c'est que de façon générale, tous les médias ont abordé le sujet de la même façon, critiquant fortement, si ce n'est condamnant le choix de la Ministre. Aussi, si le sujet n'avait pas été présenté sous cet angle de façon si homogène, peut être l'opinion générale n'aurait pas tendue à voir cela comme une menace à la cause des femmes. Ce que je voulais dire c'est que dans ce soucis de trouver toujours quelque chose à critiquer, on tend parfois à ne peser que le contre...Et que, souvent aussi, on cherche à critiquer pour critiquer. J'entends par là, que dans une actualité telle que la présente, si la Ministre de la Justice avait choisi de prendre son congé, on lui aurait très certainement reproché de laisser toutes ces grandes mesures en cours.
C'est le 'jamais contents' récurrent qui est un peu ennuyeux, même si il est certain que cela ne concerne pas tout le monde, c'est souvent le cas. Et malheureusement, sans concessions il est difficile d'avancer.
Et pour finir, et surtout, je pense que l'importance du débat autour de ce sujet est bien excessive, ce qui présente un gros risque qui est celui de passer à coté d'informations peut être plus importantes.

Ink 22/01/2009 18:24

Tu me permettras de ne pas approuver ton analyse, et crois-moi, je réfléchis avant de critiquer (tu es un peu rapide à dégainer, moi je privilégie le dialogue).
Rachida Dati a son libre arbitre, nous sommes au moins d'accord sur ce point. En ce qui me concerne, je n'aurais pas critiqué si elle avait pris son congé, puisque'il s'agit d'un droit, de quelque chose de normal, et de nécessaire (et je sais de quoi je parle !). Il aurait fallu faire preuve d'étroitesse d'esprit pour critiquer un congé maternité.
Je ne m'acharne pas, mais comme beaucoup, et comme Poujal ici, j'ai émis mon opinion sur le sujet dans mon blog, parce que le sujet me tenait à coeur. Ca sert à ça, non?

eb 22/01/2009 17:29

Par critique réfléchie j'entendais 'critique émise après réflexion'. Et excuse moi, je ne vois pas quels tords elle fait à la cause des femmes: après tout elle montre sa force du simple fait de faire le choix qui lui parait être le bon. Ou alors aurait-elle mieux servi la cause des femmes si elle s'était abstenue de faire ce choix? Si elle avait fait le choix du congé maternité, certains n'auraient certainement pas manqué de souligner son absence, ce qui n'aurait pas non plus, je pense, aidé la cause des femmes.
Le tout est qu'elle ait pu faire le choix. Et ceci, à mon avis, est une bonne chose.
Par appuis nécessaire, j'entends les moyens étant à sa disposition pour prendre soin de son enfant.

Pour finir, je ne souhaite pas défendre sa décision, ni la défendre elle en tant que personne. Ce qui me chagrine, c'est l'acharnement constant et généralisé. Pourquoi? parce que, je suis profondément convaincue que la critique n'aurait pas été moins acerbe si elle avait choisi de prendre un congé maternité. On lui aurait très certainement reproché sa maternité dans un tel contexte de responsabilités. Et, la cause des femmes ne s'en serait certainement pas mieux portée.