« La France n’est pas un pays d’athlétisme »

Publié le par Poujal

3 médailles, 14 finalistes, tel est le bilan des Français lors des mondiaux d’athlétisme de Berlin. Encourageants pour les uns, décevants pour les autres, les Français terminent finalement à la 20ème place mondiale avec le même total que Trinité-et-Tobago. Les tricolores font mieux que lors des précédents mondiaux à Osaka (2 médailles) mais terminent loin des moissons de Paris en 2003 (8 médailles) ou d’Helsinki en 2005 (7 breloques). La France reste loin des nations qui comptent.


Les mondiaux de Berlin ont été un succès. Usain Bolt a tenu son rang de numéro 1 du sprint, Kenenisa Békélé est resté l’empereur du demi-fond, Blanka Vasic est devenue la reine du saut en hauteur. Des surprises ont également accompagné cette semaine berlinoise. L’inconnu Brathwaite venu des Barbades est devenu champion du monde du 110 mètres haies alors que les relais américains du 4x100 mètres, habitués des premières places, ont complètement déchanté. Ajoutez à cela, une moyenne de 50.000 spectateurs fins connaisseurs, des audiences impressionnantes et un engouement à hauteur de l’évènement, vous avez au final des mondiaux réussis.

 

 

 


Préparer les Jo de 2012 n’est pas une fin en soit


Les français avaient des ambitions limitées pour ce championnat du monde. L’objectif était clair pour Ghani Yalouz, nouveau DTN de l’athlétisme : « Nous préparons les Jeux Olympiques de 2012, c’est pour cela que nous avons ramené une forte délégation de 78 athlètes ». Un apprentissage qui s’est fait dans la douleur pour certains. Christophe Lemaître, grand espoir du sprint français (10’02), a été éliminé en séries du 100 mètres à cause d'un faux départ évitable. Aucune coureuse française n’a atteint une finale de sprint ou de demi-fond. Les hommes ont été plus performants, c’est un fait. Ils ont récolté 3 médailles dont 2 pour les perchistes, ont accédé à des finales attendues (Diniz, Baala) ou inattendues (Alerte sur 200 mètres, Tamgho au triple saut). Mais se contenter de préparer 2012 n’est pas une fin en soit. Il est nécessaire d’amener plus d’athlètes compétitifs sur la scène internationale et surtout intégrer les finales mondiales. Les fondements de l’athlétisme français doivent être repensés.


Pour cela, Bernard Amsalem, le président de la fédération, assure réfléchir pour trouver de nouvelles pistes : « On a pris beaucoup de contacts avec la Jamaïque, Cuba et des nations européennes pour commencer à échanger stages et compétences dès cet hiver ». La France se doit de revenir au niveau des Allemands ou des Britanniques. Ce sera l’objectif des championnats d’Europe à Barcelone qui auront lieu l’an prochain. Se rapprocher des nations dont l’athlétisme reste le sport populaire. Au contraire de la France qui, selon le président de la fédération, « n’est pas un pays d’athlétisme ». Bernard Amsalem ajoute que « L’athlétisme n’est pas un sport majeur en France (à la différence de la Jamaïque par exemple). Et on peut s’inquiéter vu sa place à l’école ».


Trouver des ambassadeurs


Reste à trouver des ambassadeurs comme Usain Bolt l'est pour la Jamaïque. Les jeunes doivent s’identifier à des athlètes généreux, performants et accessibles. Des caractéristiques qui semblent correspondre à Renaud Lavillenie, 22 ans et médaillé de bronze du saut à la perche. La jeune génération doit prendre le pouvoir et suivre la même route que les Aaron, Barber ou Galfione. L’avenir de l’athlétisme français en dépend.

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