Un capitaine face aux pirates

Publié le par Poujal

Après une semaine de rebondissements dignes d’un blockbuster américain, les pirates somaliens ont enfin relâché les trente otages du voilier Le Ponant. Pour une modique somme avoisinant les 2,5 millions de dollars, les 22 ressortissants français ont retrouvé leurs familles le lundi 14 avril. Le capitaine du Ponant, Patrick Marchesseau, reviendra bien à Saint-Médard-d’Aunis, situé à 15 kilomètres de La Rochelle.

 

L’histoire commence le vendredi 4 avril à 13h08. Un banal bateau asiatique stoppe alors la route du Ponant, voilier de luxe, au large des côtes somaliennes. Sentant le danger venir, le capitaine Marchesseau décide alors de contourner le canot. Surgissent alors deux embarcations rapides tirant des coups de feu. « L’équipage du Ponant a alors mis en service des lances à incendie pour essayer de repousser l’assaut » note Patrick Marchesseau. Mais les pirates réussissent finalement à embarquer.

 

Dimanche 6 avril, deux jours après l’arrivée des pirates somaliens à bord du voilier de croisière Le Ponant, le capitaine charentais du bateau, Patrick Marchesseau, alerte pour le première fois les autorités françaises présents en mer rouge. « Les trente membres de l’équipage vont bien, ils sont bien traités » déclare l’homme de Saint-Médart-d’Aunis au commandant Hervé Couble du bateau militaire français le Commandant Bouan.


Marin chevronné

 

Et il en sera ainsi pendant toute la semaine de prise d’otage. Patrick Marchesseau sera l’intermédiaire principal des autorités françaises. Issu de la marine marchande, le capitaine français épate les militaires français. « Il nous expliquait en anglais ce que voulaient les pirates (..) il glissait rapidement en français : “ils sont nerveux“ ou au contraire, “ils sont tranquilles aujourd’hui“ », explique le commandant Couble. Marin chevronné, il connaît et a navigué sur toutes les mers du monde. Son expérience fut utile pendant toute la prise d’otage.

 

Patrick Marchesseau fait preuve d’une grande prudence. Les pirates somaliens, appâtés par leurs gains, deviennent de plus en plus impatients. Des experts du GIGN sont dépêchés pour aider une longue négociation qui se fera exclusivement en anglais. Pendant deux jours, calme et lucide, le capitaine joue de son expérience. « C’est un homme très calme et capable de gérer avec autorité et sang froid une telle situation » décrit l’entourage du charentais. Mercredi 9 et jeudi 10 avril sont consacrés au dialogue. Les discussions s’accélèrent et l’échange peut avoir lieu.


Le dernier à quitter le bateau

 

L’opération « Thalatine » (trente, en somali, comme le nombre d’otages) est déclenché le vendredi 11 avril. L’échange, 2,5 millions de dollars contre les 30 otages, se passe sans accroc apparent. Trois pirates et trois membres du GIGN se chargent du bon déroulement de l’action. Patrick Marchesseau est le dernier à quitter le bateau. « Pour aller plus vite, nous lui avons demandé de sauter à l’eau », précise l’amiral Marin Giller.

 

A son arrivée à Paris, le lundi 14 avril, le capitaine confie avoir craqué après cette libération. Natif de l’île d’Aix, le maire de la ville attend avec impatience de pouvoir retrouver son ami. « Je l’ai toujours connu, nous avons fait les 400 coups ensemble, c’est un frère pour moi ». Son courage n’étonne personne sur l’île. « L’école de la mer c’est une école de responsabilité. Et la mer, pour Patrick Marchesseau, c’est toute sa vie. »


 

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